Découverte - Société - Santé
Dengue, le système de défense
dimanche 14 décembre 2008, par Nautile
Un maladie qui touche chaque année près de 100 millions de personnes dans le monde, plus de 1000 cas de dengue recensés depuis le début de l’année en Nouvelle-Calédonie, et dernièrement, sept cas de type 4... L’épidémie de dengue est à nos portes.
Ce qu’il faut savoir
La dengue est une maladie infectieuse présente dans toutes les régions tropicales. Elle est transmise par la piqûre d’un moustique diurne du genre Aedes (Aedes aegypti, Aedes albopictus, Aedes polynesiensis), infecté par un virus de la dengue. Il n’y a pas de transmission directe de personne à personne.
Symptômes
La dengue touche indifféremment les nourrissons, les jeunes enfants et les adultes, mais elle présente un tableau clinique qui varie selon l’âge du patient. Chez les nourrissons et les enfants en bas âge, elle peut prendre la forme d’un syndrome fébrile indifférencié avec éruption. Chez l’enfant plus âgé et l’adulte, on peut observer soit un syndrome fébrile bénin, soit une maladie incapacitante classique d’installation brusque avec forte fièvre, éruption, céphalées intenses et douleurs rétro-orbitaires, musculaires et articulaires. Autrement dit, les symptômes sont le plus souvent de type grippal (fièvre, maux de tête, courbatures). Ils se manifestent dans les 3 à 14 jours (4 à 7 jours en moyenne) qui suivent la piqûre par le moustique. L’hospitalisation est parfois nécessaire. Dans les cas de formes hémorragiques, qui restent rares, la maladie peut être grave voire entrainer le décès.
La dengue hémorragique
C’est une complication potentiellement mortelle qui se caractérise par une forte fièvre souvent accompagnée d’une hépatomégalie et, dans les cas graves, d’un collapsus cardio-vasculaire. Elle commence en général par une forte poussée fébrile accompagnée d’une rougeur du visage et d’autres symptômes de type grippal. La fièvre peut se maintenir de deux à sept jours, atteindre 41°C et s’accompagner éventuellement de convulsions et d’autres complications.
4 dengues, 4 virus
Le virus de la dengue existe sous quatre formes distinctes, étroitement apparentées. La guérison entraîne une immunité à vie contre le sérotype qui a provoqué l’infection mais ne confère qu’une immunité passagère et partielle contre les trois autres. Il est donc théoriquement possible de contracter 4 fois la dengue.
On est fondé à penser que l’infection par un second virus, accroît le risque de maladie plus grave avec complication hémorragique.
Bientôt un vaccin ?
En 2007, un communiqué de Sanofi Pasteur annonçait : « L’administration du vaccin candidat tétravalent contre la dengue a induit une réponse anticorps capable de neutraliser les quatre sérotypes du virus responsable de la dengue, et ce chez 100% des adultes ayant participé à l’essai mené aux Etats-Unis ». Malgré l’extension de ces essais cliniques positifs, s’il y a demande d’enregistrement de ce vaccin, elle ne pourra être déposée auprès des autorités sanitaires avant 2012.
La mise au point d’un vaccin contre la forme bénigne ou grave progresse donc, mais elle reste très complexe :
1. le vaccin doit avoir un effet protecteur contre les quatre virus qui peuvent provoquer la maladie ;
2. notre connaissance de la pathologie de la maladie et de sa réponse immunitaire est encore limitée ;
3. enfin, il manque des modèles animaux nécessaires aux tests de laboratoires.
Continuer la lutte
À l’heure actuelle, la seule méthode pour prévenir ou combattre la transmission du virus de la dengue consiste à détruire le moustique vecteur.
Même si l’on peut se protéger temporairement des piqûres des moustiques adultes grâce aux produits insecticides, éliminer les lieux de ponte reste la meilleure prévention contre la dengue.
Les gestes citoyens
L’Aedes aegypti, responsable de la maladie, se reproduit dans les endroits où l’eau est susceptible de s’accumuler. Il est donc nécessaire d’éliminer les eaux stagnantes et si possible de supprimer les récipients et divers objets pouvant retenir l’eau :
1. vider les soucoupes et changer l’eau des vases à fleurs 2 à 3 fois par semaine (sinon avoir des plantes en terre ou remplir les dessous de pots avec du sable) ;
2. couvrir les fûts de récupération d’eau de pluie et les puits d’un grillage moustiquaire ou d’un tissu ;
3. protéger le trop plein des containers de la même façon ;
4. vérifier le bon état des gouttières, des chenaux, des regards d’eau pluviale et le bon écoulement des eaux en général ;
5. éliminer tous les déchets, encombrants et divers objets pouvant faire office de récipient autour de l’habitation (bouteilles, pneus, barquettes, boîtes de conserve…).
Etant donné la durée du cycle de développement du moustique, ces opérations de destruction des gîtes doit être effectuée entre 2 et 3 fois par semaine.
La lutte contre la dengue par la destruction des gîtes larvaires est l’affaire de tous.






































